Par le corps, pour l’esprit : ce que le mouvement change dans les équipes

Santé physique et ergonomie

En Suisse, le stress au travail coûte environ 6,5 milliards de francs par an aux entreprises. Pour y répondre, on pense spontanément à des formations en salle. Et si la meilleure façon d'apprendre à gérer le stress, à coopérer ou à rebondir face à l'imprévu était de le vivre, ensemble, en mouvement ? C'est le pari de SporThéraPsy, et la recherche lui donne de solides raisons d'y croire.

Savoir ne suffit pas

Une formation transmet des connaissances : reconnaître les signes du stress, mieux communiquer, coopérer. Mais entre comprendre une recommandation et la mettre en pratique sous pression, il y a un écart que chaque responsable RH connaît bien.

Les compétences dont les équipes ont le plus besoin, comme garder son calme face à l'imprévu, se coordonner rapidement ou s'appuyer les uns sur les autres, ne s'apprennent pas seulement en les écoutant décrire. Elles se construisent en les expérimentant.

C'est là qu'intervient SporThéraPsy. Créée et développée à Genève depuis 2020 par Yann Bouzidi et Adrien Chaillot, sous la devise « Par le corps, pour l'esprit », la méthode associe trois éléments : l'activité physique, la psychoéducation et l'expérimentation collective. Chacun répond à un besoin précis, et les deux premiers s'appuient sur des données scientifiques solides.

Ce que dit la science

1. Le mouvement agit sur la santé mentale

En 2023, une équipe de l'Université d'Australie-Méridionale a publié dans le British Journal of Sports Medicine l'une des synthèses les plus vastes jamais réalisées sur le sujet : 97 revues systématiques, 1 039 essais contrôlés, 128 119 participants.

Sa conclusion est sans ambiguïté : l'activité physique réduit les symptômes de dépression, d'anxiété et de détresse psychologique par rapport à la prise en charge habituelle. Les auteurs recommandent d'en faire « une approche centrale » de la prise en charge. Tous les types d'activité sont efficaces, et l'effet augmente avec l'intensité :

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Intensité de l'activité Réduction des symptômes dépressifs (taille d'effet médiane)
Faible Effet faible (−0,22)
Modérée Effet moyen (−0,56)
Élevée Effet moyen à important (−0,70)

Autre résultat utile pour les entreprises : les interventions courtes donnaient de meilleurs résultats que les programmes très longs.

2. Comprendre ce que l'on vit réduit la détresse

La psychoéducation consiste à expliquer, simplement, comment fonctionnent le stress, les émotions et nos réactions. Une méta-analyse publiée dans BMC Medicine (Donker et al., 2009) montre que même des interventions brèves de ce type réduisent les symptômes dépressifs et la détresse psychologique. L'effet est modeste, mais réel, et obtenu à très faible coût. Les auteurs soulignent aussi que la qualité de la psychoéducation compte.

SporThéraPsy s'appuie sur des concepts issus des thérapies cognitivo-comportementales, qui éclairent les liens entre pensées, émotions et comportements.

3. L'expérience collective fait le lien avec le travail

C'est la force de la méthode : elle ne juxtapose pas sport et théorie, elle les relie. Un exercice collectif qui exige une coordination rapide met les participants face à ce qu'ils vivent au travail : consignes floues, imprévu, besoin de confiance. Le temps d'échange qui suit permet de nommer ce qui s'est passé et de le transposer dans la vie professionnelle.

L'activité physique agit sur l'humeur, la psychoéducation donne des clés de compréhension, et l'expérience partagée ancre l'apprentissage dans le collectif.

Cinq ans de collaboration : ce que j'ai vu sur le terrain

Haniya Eduin, cofondatrice de l'IHST, collabore avec SporThéraPsy depuis cinq ans.

« En cinq ans, j'ai vu les bénéfices de cette approche se confirmer, groupe après groupe.

Des équipes qui se parlaient peu, se mettent à se coordonner, à rire ensemble, à s'encourager. Des collaborateurs qui ne seraient jamais intervenus en réunion prennent la parole lors des échanges. Et surtout, les participants repartent avec un vocabulaire commun : ils savent nommer ce qu'ils ont vécu, et ils le réutilisent ensuite au travail.

Ces bénéfices sont réels. Aujourd'hui, nous travaillons ensemble à les objectiver, en suivant des indicateurs mesurables au sein des équipes accompagnées.

Ce qui me convainc, c'est la combinaison. Le mouvement lève les barrières, la psychoéducation donne du sens, et le collectif ancre ce qui a été appris. C'est une prévention qui se vit, et c'est pour cela qu'elle reste. »

Pourquoi l'IHST recommande SporThéraPsy ?

Cet article naît d'un constat partagé : les effets observés sur le terrain sont suffisamment nets pour que l'IHST recommande aujourd'hui SporThéraPsy aux organisations qu'il accompagne. Trois apports motivent cette recommandation.

1.     Des dynamiques d'équipe renforcées. En vivant ensemble des situations qui demandent coordination et confiance, les collaborateurs découvrent d'autres façons de coopérer. Les relations évoluent, et cette évolution se prolonge au travail.

2.     Une psychoéducation qui prend sens. Les notions de stress, d'émotions ou de motivation ne restent pas théoriques : elles sont reliées à une expérience vécue, ce qui facilite leur compréhension et leur appropriation.

3.     Un apport durable aux collectifs. Ce qui a été vécu ensemble continue de nourrir les échanges et les pratiques de l'équipe bien après la fin du programme.

Pour l'IHST, SporThéraPsy complète utilement l'analyse des risques et l'action sur l'organisation du travail : elle agit là où se construisent les relations et les ressources du collectif.

Un cadre rigoureux

•     Accessible à tous. La méthode s'adresse à tous, quels que soient l'âge et la condition physique. Les activités s'adaptent à chacun : il ne s'agit pas de performance sportive.

•     Volontaire. La participation se fait sur une base volontaire, dans le respect des limites de chacun.

•     Confidentiel. Ce qui se dit pendant les échanges reste dans le groupe.

•     Complémentaire. Un atelier ne remplace ni l'évaluation des risques professionnels, ni les mesures d'organisation du travail. Il les renforce.

Et si vos équipes l'essayaient ?

La meilleure façon de comprendre SporThéraPsy, c'est de la vivre.

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Sources et références

•      Singh B., Olds T., Curtis R. et al. (2023). Effectiveness of physical activity interventions for improving depression, anxiety and distress: an overview of systematic reviews. British Journal of Sports Medicine, doi:10.1136/bjsports-2022-106195.

•      Donker T., Griffiths K.M., Cuijpers P., Christensen H. (2009). Psychoeducation for depression, anxiety and psychological distress: a meta-analysis. BMC Medicine, 7:79.

•      Promotion Santé Suisse (2022). Job-Stress-Index 2022, feuille d'information 72.

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